Leçon 13 : faut-il écrire y a ou y'a ?

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Cricri
Admine
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Leçon 13 : faut-il écrire y a ou y'a ?

Message par Cricri »

Donna Enigma :

Comme les débats autour de ce point d’orthographe semblent ne jamais aboutir à une conclusion claire, j’ai poussé mes recherches un peu plus loin.

Il faut écrire y a et non y'a.

Bien que la graphie y’a ne semble pas être envisagée par les sources les plus fiables, j’ai trouvé des éléments de réponse sur le site de l’Académie française et dans Le bon usage de Grevisse.

Selon l'Académie française :
En français l’apostrophe note l’élision d’une voyelle placée en fin de mot devant un autre mot commençant également par une voyelle ou par un h muet. Cette élision permet d’éviter un hiatus. On dit, et on écrit ainsi : J’aime, l’arbre, l’avoine, il t’attend, la femme d’Hector et non * je aime, le arbre, la avoine, il te attend, la femme de Hector. Ce sont les seuls cas où l’on utilise ce signe. On n’écrit donc pas y’a-t’il ?, parce que ni le y ni le t ne sont des formes résultant d’une élision : le t n’est pas la forme élidée du pronom te, mais une lettre euphonique que l’on emploie pour éviter un hiatus disgracieux. On se gardera bien, en revanche, d’omettre les traits d’union qui signalent que les différents éléments de ce groupe forment une unité sonore et l’on écrira y a-t-il ?
Les passages que j’ai notés en gras sont sans équivoque, mais malheureusement, l'Académie française ne donne pas d'exemple avec y a dans une phrase affirmative.

En revanche, elle critique l’emploi de cette expression à l’oral
Une forme de paresse amène trop souvent à ne pas articuler deux sons phonétiquement proches quand ils sont voisins dans la phrase. C’est ainsi que dans la locution Il y a, le pronom il est trop souvent omis et l’on n’entend plus que la tournure incorrecte y a. On se gardera bien de céder à cette facilité, et plus encore si l’on est à la forme négative puisque, dans ce cas, disparaît aussi l’adverbe de négation élidé n’.
On trouve une explication de ce phénomène dans Le bon usage de Grevisse. Je me réfère à la 16e édition :
§ 219 L'haplologie :
L'haplologie est un phénomène qui ressortit à la phonétique (et qui n'est pas sans ressemblance avec l'élision) : elle consiste à n'exprimer qu'une fois des sons ou des groupes de sons identiques (ou partiellement identiques) qui se suivent immédiatement.
Il donne une série d'exemples, dont :

Y a pour Il y a.
Il nous renvoie au § 235c :
Dans la langue parlée, et surtout dans la langue populaire, le pronom impersonnel est souvent omis, particulièrement avec y avoir (haplologie : cf. §219 ' plutôt qu'ellipse), falloir (surtout avec négation), et paraître, mais aussi avec d'autres verbes. Les écrivains attentifs à la langue parlée n'ont pas manqué de l'observer :
Il donne une série d'exemples, dont :
Y a bien des gens qui sont débarqués de cette façon-là (CÉLINE, Voyage au bout de la nuit, F°, p.238), Y a d'la joie (chanson de CHARLES TRENET)
En dehors de tout contexte populaire : Il n'y avait pas une ambulance, Y en avait quatre (MALRAUX, Noyers de l'Altenburg, p. 141).
Grevisse ne mentionne pas même la possibilité d’ajouter une apostrophe.

Je ne vais pas faire ici un exposé exhaustif de l’usage de l’apostrophe, mais il y a encore un passage dans Le bon usage qui se réfère au langage parlé : §107b
À la finale d’un mot. Dans la reproduction du langage parlé, surtout populaire, l’apostrophe est souvent utilisée en rapport avec le phénomène lexical de la réduction, à la fin de la forme réduite quand elle se termine par une consonne, soit pour indiquer que cette consonne n’est pas muette, soit pour marquer le caractère particulier du mot, formellement et stylistiquement. Il a été au BAT’ D’AF [= bataillon d’Afrique] (PROUST, Rech., t. III, p.817). Parce que l’s du plur. aurait sinon une place anormale : trav’s pour travaux (publics) (A. LE BRETON, Argot chez les vrais de vrai, 1975, p.468) ; pour distinguer de l’adjectif le nom fém. Mental’ réduction de mentalité, (p.471).
Quand la forme est fréquente, l’apostrophe tend à disparaître.
N.B. Dans ce paragraphe, il s’agit uniquement de mots dont il manque la finale. Ce n’est pas le cas de y dans y a.

Voici quelques liens vers des articles de l’Académie française :
http://www.academie-francaise.fr/y-til
http://academie-francaise.fr/y-y-pas
http://academie-francaise.fr/lapostrophe

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