Les gros nez rouges

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Dan
Admine
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Message par Dan »

>-> ![0_1533831143429_nez rouges.png](/assets/uploads/files/1533831145151-nez-rouges.png) -> **LES GROS NEZ ROUGES** -> :sparkles: :book: :sparkles: -> :sparkles: :boy: :sparkles: <-

**Personnage ? Le meilleur ami :** Ce n?est pas tout de se mettre dans les baskets des personnages : certains ne se laissent pas trop approcher, d?autres encore cultivent leur part d?ombre. Quelques individus déclenchent cependant une alchimie immédiate ou progressive. On se découvre des atomes crochus, on compatit, on tremble et on rit au diapason de ces personnages qu?on aimerait pouvoir inviter à boire et défendre contre les affres de la vie. C?est l?endroit rêvé pour leur faire votre déclaration !

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Isapass
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Message par Isapass »

**Histoire - Le Bal aveugle de Jowie**
http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2194
>Pot-au-Feu, village montagnard perdu au milieu de nulle part, est dans le pétrin. Un hiver des plus ravageurs l'enserre depuis plusieurs mois. Ses habitants sont persuadés d'avoir trouvé la meilleure solution pour arrêter les intempéries : un sacrifice humain.
Alors, qui sera l'heureux élu ? Et surtout, garantira-t-il le salut de Pot-au-Feu ?

Mon choix pour cette catégorie se porte sans hésiter sur Le Bal aveugle ! Certes, l'humour est noir et décalé mais qu'est-ce qu'il est bon ! Un décor improbable, des personnages rustauds, sauvages et barbares comme des ours, des coutumes hallucinantes... Dès le début, Jowie nous transporte dans une atmosphère surprenante où l'on est partagé entre le rire et l?éc?urement. Mais elle ne se contente pas d'un tableau saisissant : elle met tout ce petit monde en mouvement pour lui faire vivre des aventures rocambolesques aux multiples rebondissements. Au premier chapitre, je me suis dit "mais comment va-t-elle faire vingt-cinq chapitres de cette histoire ?". Après le point final, je me suis inclinée : non seulement la totalité des chapitres étaient passionnants, mais j'ai ri du début à la fin ! A liiiiiiire absolument !

>Le cuir chevelu et la nuque entaillées et en sang, Ulrich ramassa son pistolet et courut s'abriter sous les échafaudages. C'était le moment de voir le bon côté des choses et de tirer profit de l'état de panique des danseurs. Tenant son arme à deux mains, il soumit le lustre à six coups consécutifs. Les perles de cristal explosèrent et tombèrent en grêle sur les danseurs, qui essayaient également de se protéger des chutes de bougies enflammées. Des cravates, des froufrous et des chevelures ne tardèrent pas à prendre feu, ce qui s'ensuivit naturellement d'une symphonie de braillements horrifiés et d'une bonne dose de gesticulations. Lorsque le plancher s'incendia, le volume redoubla.
? ESPÈCE DE BÂTARD ! s'époumona Reto Woll-Hauser à l'intention du syndic. Il pleut du verre, la salle crame, on est sur le point de crever : ce n'est pas la peine de nous tirer dessus !
L'odeur de brûlé et une fumée noire se répandit dans la salle, tandis que les flammes s'éprenaient des estrades. Bientôt, ce serait le tour des échafaudages. Au milieu de cette vision infernale, des gens qui fuyaient et du toit qui se délabrait, l'Aigrefin maudissait le lustre qui refusait de relâcher ses otages. C'est alors qu'on lui arracha le pistolet des mains et qu'une voix nasillarde à sa droite lança :
? Sans vouloir vous offenser, M. le syndic, vous êtes une vraie pive en tir.
Le dénommé se retint de bouger. Sa cape de lynx nouée autour de la taille, Frigga Dünn épaula son fusil de chasse. À chacun de ses tirs, un Pot-au-Fou pendu chuta sur le parterre de verre avec un « aïe » et une comptine d'injures.
? Désolée si j'ai tardé. J'étais fascinée par le buffet, là-bas, vers le vestiaire. Il y avait une pyramide de pralinés et de bricelets trempés dans du chocolat, je n'ai vraiment pas pu résister.

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Isapass
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Message par Isapass »

**Personnage - Arka, La Ville sans vent de Zenodote**
http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2926
>Quand Lastyanax, dix-neuf ans, devient ministre d?Hyperborée après le meurtre de son mentor, il se retrouve entraîné dans un tourbillon de complots politiques. Pour affronter les défis de la ville sans vent, il ne peut compter que sur sa disciple de treize ans : elle s?appelle Arka, et elle n?a pas fini de l?étonner.

Je dois moi aussi avoir treize ans, parce que je me suis prise d'une grande amitié pour Arka dès les premières lignes où Zénodote nous la présente. C'est bien simple, c'est ma BFF ! Courageuse (limite inconsciente), effrontée et enjouée malgré un passé chargé, la jeune héroïne est la parfaite guerrière badass, en miniature. Capable tantôt de fierté et d'abnégation, tantôt d'une mauvaise foi crasse et d'un entêtement à toute épreuve, excellente cavalière, grosse flemmarde dans ses études, chapardeuse si besoin... elle ne pouvait que s'adresser directement à mon c?ur d'éternelle adolescente ! Affection immédiate !

>Dehors, les gens riaient toujours. Arka appela Le Nabot. Aussitôt, le cheval revint au petit trot d?un air digne, la queue en panache.
? Désolée, vieux, souffla Arka en lui tapotant les flancs.
C?était elle qui avait fait tomber la motte de neige sur la croupe du cheval. Pendant que l?attention de la douanière et des gardes était détournée par l?animal, elle avait fait léviter les trois pièces depuis la caissette jusqu?à sa poche, ni vu ni connu.
Il y avait quelque chose de grisant dans le fait d?entrer dans la ville aux frais de la ville elle-même, pensa-t-elle en traversant d?un pas victorieux l?énorme porte en bronze, sous l??il vigilant des gardes.
Et pour couronner le tout, elle avait à présent assez d?or pour s?acheter à manger.

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Dédé
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Message par Dédé »

**Personnage - Rebecca, Rebecca de Laure**
http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2850

>**Résumé :** Rebecca, dont la vie est tout à fait grise depuis un moment, part à la chasse aux couleurs.

J'ai eu un coup de foudre immédiat pour ce personnage. On a envie de la protéger, de lui venir en aide, de la défendre envers et contre tout. A tel point que je culpabilise d'avoir un peu laissé tomber l'histoire ces derniers temps. Rebecca me manque. J'ai envie de la retrouver afin de savoir si elle va bien, si elle vit des moments heureux remplis de poésie. Elle est pour moi comme une véritable amie ! Il est impossible (pour moi) de ne pas avoir d'empathie pour elle.

>**Extrait :** Vers seize heures, Rebecca se dit qu?il fallait peut-être qu?elle fasse quelque chose de sa journée, qui s?annonçait autrement un trou noir à énergie.
Ses sanglots musicaux s?étant révélés un cuisant échec, elle se dit qu?il fallait employer les grands moyens : se rendre au seul endroit où, avait-elle remarqué, les couleurs lui étaient toujours vibrantes et claires, c?est-à-dire au bord de la mer, à trois coins de rues de chez elle. Dès qu?elle s?approchait du grand boulevard, il lui était déjà possible de voir au loin les palmiers verdoyer et les vagues turquoiser. Cela demeurait, depuis le tout début, l?étrange exception à son étrange condition ; un petit trou dans la boîte de conserve pour entrevoir le dehors sur la pointe des pieds.
Avec de douces idées en tête, Rebecca quitta sa chambre en emportant, dans son sac de toile, un roman ainsi qu?un citron ? pour en avoir le c?ur net.
Dehors, l?air était lourd et lumineux, mais désespérément gris. Les yeux dans le vague, comme engourdis, Rebecca emprunta ses rues pavées habituelles en fredonnant dans sa tête. C?était une petite mélodie insignifiante qui venait d?elle ne savait où, peut-être une pub ou un truc du genre. Elle faisait souvent ça, fredonner dans sa tête. Ainsi, elle s?y sentait moins seule.

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Rimeko
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Message par Rimeko »

**Histoire - [Cherchez l'erreur...](http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2081), de @Kittylou**
> **Résumé :** M. Barnabé vit dans un monde où les mots n?ont pas le même sens que chez nous. Les rues parallèles se croisent et les portes closes n?ont aucun scrupule à être entrebâillées. Un jour, M. Barnabé va faire une étrange découverte. Un livre au titre bien mystérieux? *Un dictionnaire.*

Si je me souviens bien, cette nouvelle avait été inspirée par une mésaventure de son auteure en maison d'édition (une sombre histoire de "meutes de goélands", je crois :grin: ), suivie d'une interrogation sur le sens qu'on donne aux mots... C'est absurde, un poil cynique, et surtout drôle à souhait ! (Une autre nouvelle tout aussi burlesque met également en scène ce pauvre monsieur Barnabé, si le c?ur vous en dit...)
Je vous laisse avec le début de cette nouvelle, qui est plus parlant que tout ce que je pourrais ajouter !
> **Extrait :** Dans le ciel d?un blanc pâle, un banc d?oiseaux survolait les toits de la ville. L?air frais frôlait les passants, les obligeant à se plier tels des origamis pour se protéger des assauts du vent. Dans l?une des ruelles, parallèle à l?Avenue des Incohérences et dont le croisement était un lieu réputé pour ses viandes végétariennes, un homme marchait. Il glissait le long des boutiques, le pull boutonnée jusqu?au menton sous son par-dessous d?un vert-cerise.
M. Barnabé était étrange, voire même commun dans sa bizarrerie. Non seulement parce qu?il décapitait ses enveloppes pour collectionner les timbres, mais surtout parce qu?il cherchait à comprendre les mots.
C?était burlesque ! Un mot avait le même mérite qu?un autre. Pour décrire un lit, ne pouvait-on pas prononcer à la fois une chaise ?couchée ou un hamac au sol ? Non, M. Barnabé acceptait de refuser la richesse de la langue. À son regard, un lit était un lit et rien d?autre.

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itchane
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Message par itchane »

**Histoire - [Berteram le Vigilant et la Quête de l?Anneau Magique dans l?Antre du Puissant Dragon](http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2857), de Nana**

> **résumé :** Berteram vient d'être adoubé chevalier, il lui faut donc récupérer son permis de chevalerie au Bureau des Permis de Chevalerie (logique). Malheureusement pour lui, ce n'est que la première étape d'une longue quête administrative. Arrivera-t-il au bout ? Triomphera-t-il des formulaires et des employés de mauvais poil ?

Qui eût cru que devenir chevalier serait une aventure plus administrative que dragonnesque ? Confronté à l?obtention de permis, aux formulaires à remplir et aux files d?attentes interminables, Berteram n?est pas au bout de ses peines. Mais quand pourra-t-il enfin partir sauver la veuve et l?orphelin ? (Et quand nous écriras-tu enfin la suite Nana ? : P ) Références RPG, parodies en tout genre et bonnes répliques, à lire pour passer un bon moment ^^

> **extrait :** ? Ah, très bien? continua-t-elle en prenant des notes. Qui vous a adoubé ? Et quel est votre nom ?
? Le Prince en personne m?a adoubé ! Et je me nomme Berteram.
? Bien, veuillez patienter, je vais rechercher dans les derniers permis arrivés. Cela peut prendre quelques heures.
? Quelques heures ? Mais je suis ici depuis déjà trois heures ! s?exclama piteusement le jeune homme.
? Ne vous énervez pas ! tonna la femme. Sinon, j?appelle la garde et vous devrez revenir demain !
? Non, non, excusez-moi, je ne m?énerve pas, madame, répondit très vite Berteram en se ratatinant sur son siège.
? Bon, et bien, patientez ici.
Elle partit en coup de vent vers la porte située derrière son bureau, et Berteram se prépara encore une fois à attendre sur son siège inconfortable.

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itchane
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Message par itchane »

**Histoire - [Grouh (Concours d'écriture d'Halloween 2017),](http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2650) de Seja, Cristal et Danah**

> **résumé :** Grouh !

Grouh.
Mais c?est rhétorique, hein.

> **extrait :** GROUH. ? Grouh ?
LE MOMIE. ? Grouh plussoie.
LOUIS. ? Grouh ? Grouh, est-ce que la momie est relou ?
GROUH. ? Grouh.

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Tac
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Message par Tac »

**Histoire - [Histoire d'un procès ou l'évolution par la disparition](http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2819), de @Lyrou**
>**Résumé :** Au petit village de Wies un rien agite les habitants. Et ce jour-là c'était une vraie tornade qui allait secouer les citoyens : la pomme-de-terre sacrée, vestige de l'apogée d'une survie par la monoculture, a disparue. Commence alors une course au temoignage pour découvrir qui se cache derrière ce vol hérétique dans une atmosphère électrique où chacun compte bien profiter de l'occasion pour régler ses comptes...

Comme quoi, être exhorté à aller traîner dans les lymbes PAennes, c'est une bonne chose... En quelques phrases un brin absurdes, Lyrou nous emmène au coeur d'un village de montagne où les rancunes ont la dent dure. Difficile de croire qu'une nouvelle puisse nous faire à ce point entrer dans un village, et pourtant... c'est comme si vous y étiez, à acheter votre pain aux carottes chez Lyz et vous promenez sur les rives du lac en face de chez Ogrod !

>L'origine de l'amical religieux de la pomme-de-terre sacrée pourrait sembler obscure à tous néophyte venant du dehors de la montagne, mais en réalité elle était parfaitement logique. À une époque où leurs terres étaient peu fertiles, la pomme de terre venue d'outre océan était un petit miracle pour se nourrir. Puis les orages augmentant en force, les plaines devinrent plus verdoyantes et les pommes de terre délaissées. Un lac se forma dans l'un des champs creusés, et avec l?inondation, toutes périrent, sauf une qui émergea de l'eau et vint à la surface comme un tout petit îlot autour duquel fut bâti le temple. Vestige des temps anciens de la monoculture et miraculé tubercule, la patate sacrée avait tout pour elle, et en récoltait aujourd'hui le prix. Elle avait disparu.

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Jamreo
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Message par Jamreo »

**Histoire** - **[Fiesta sous les mottes](http://www.plumedargent.fr/viewstory.ph ... 27&index=1)**, de **@Beul**

> **Résumé** : Elle vient d'emménager, travaille avec un superviseur un peu perché et exerce le doux métier de thanatopractrice ; mais malgré cette jolie liste, Marina n'est ni au bout de ses peines ni de ses surprises. Dans le cimetière auquel elle est rattachée, l'un des pensionnaires s'amuse effectivement à sortir de tombe tous les soirs et le macchabée n?est pas du genre coopératif lorsque vient le moment de le remettre en terre.
Entre quelques coups de pelle et du sort, autres frayeurs, longs moments de solitude et la sempiternelle question du « qu?est-ce que la vie, qu?est-ce que la mort ? », il s?avèrerait que le jeune homme décédé ait un message d'alerte à faire passer.

Des personnages attachants et très bien faits, une histoire qui oscille entre l'humour et le fantastique un peu inquiétant. Le cher mort-vivant qui se déterre toutes les nuits donne du fil à retordre à Marina Truelydead, employée patiente, et son chef complètement décalé, Taylor Falseflower. Vous voyez, déjà avec le nom des personnages, un petit rire se prépare dans l'estomac :p j'avoue avoir un gros faible pour Taylor, tellement délicat et dans la lune qu'on ne peut s'empêcher de sourire.

> **Extrait :** ? Ne nous énervons pas, ma chère. La mairie ne nous donnerait simplement jamais les crédits pour un tel aménagement. Et puis, avouons-le... Ça gâcherait le décor.
? Une simple chape, grand chef, et de la terre par-dessus, intervint Valentin en parlant du nez. Les gens y verront rien. Y poseront pas de question. Ça gâchera rien. Même le gazon y poussera dessus.
? ... L?herbe ne jaunira pas ? tint à demander Taylor, sincèrement inquiet.
Et le mort pas si mort sous la possible herbe jaune, ce n?était qu?un détail ? Le gazon était-il réellement plus important que la sécurité des usagers ? Ou peut-être Taylor ne voulait tout simplement pas dire au revoir à son camarade muet, et que toute excuse était bonne.
[...]Monsieur Falseflower, peiné, se rapprocha de sa jeune subordonnée, ne voulant pas rester sur une aussi mauvaise conclusion.
? Monsieur Bodlicott nous sort peut-être de terre pour une raison bien particulière ? osa-t-il enfin émettre. Un jour, il sera prêt à nous la révéler.
? Avec les cordes vocales qu?y lui reste, ch?uis pas sûr, crachota Valentin avec amusement, toujours pour lui-même.

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Dan
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Message par Dan »

**Histoire ? [Les Faucheurs d'âmes](http://www.plumedargent.fr/viewstory.php?sid=2534), de @Neila**

>J'irais pas jusqu'à dire que ma vie respirait la normalité avant cette nuit là. D'accord, je l'ai cru à une époque, c'est vrai. Mais depuis j'ai réalisé que j'étais le seul à voir toutes ces personnes translucides qui se promènent dans les rues, et surtout j'ai compris que toutes ces personnes étaient mortes. Malgré ce détail, croyez-le ou non, ma vie était plutôt tranquille. Aussi ennuyeuse que celle de n'importe quel môme de douze ans. Puis ce gars a débarqué, m'a refilé son attirail sans le mode d'emploi et, au passage, tous ses problèmes. Maintenant je dois me coltiner une russe kleptomane affolée de la gâchette et un fantôme qui a peur de son ectoplasme. Autant dire que c'est pas la joie. Et le meilleur dans tout ça, c'est que la moitié du monde des morts est à mes trousses parce qu'un taré en armure en a après moi.
Y?a pas à dire, j'aurais mieux fait de rester couché.

Ah, je ne sais même pas par où commencer. Le ton savoureux d'Enzo qui nous trimballe sans ses aventures fantômesques ? Les blagues glissées aux endroits les plus improbables ? Le sarcasme et le cynisme mélangés à une imitation de préadolescent absolument convaincante et savoureuse ? Ou Hervé, le spectre froussard qui perd en consistance à mesure que son trouillomètre grimpe ? Allez, tout ça à la fois !

> Quand j'ai rouvert les yeux, j'étais toujours dans la ruelle. J'avais le goût du sang dans la bouche, mal au crâne, encore un peu mal dans la poitrine et, pour une raison inexplicable, ça me lançait dans les épaules. Ça tirait pour être exact. Le goudron défilait à dix centimètres de mon nez, ponctué de chewing-gums aplatis. J'ai battu des cils pour me tirer du brouillard et j'ai fini par discerner comme un pied qui allait et venait près de mon visage. Je dis « comme » parce qu'il lui manquait quelques trucs essentiels. Des ongles, de la peau, des tendons et des muscles par exemple. En fait il n'y avait que les os.
Au prix d'un gros effort, j'ai relevé la tête et mon sang n'a fait qu'un tour.
J'étais encadré par deux squelettes. De véritables squelettes, comme Gepetto, la mascotte de notre salle de biologie, sauf que ceux-là ne portaient pas une blouse blanche mais des casquettes vert-blanc-rouge et des tee-shirts estampillés « I ? Firenze ». Et surtout ils marchaient. Ils me tenaient chacun par un bras et me traînaient lourdement sur la route en me ramenant à mon point de départ. Je me suis redressé sur les genoux et j'ai pilé net.

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